[Le casque et la plume] Des motos et des femmes (Partie 1/3)

By Vernon Stoner

On passe la première avec calme, on relâche l’embrayage en douceur, et on tourne la poignée délicatement pour débuter par quelques questions gentilles, avant de partir en wheeling…

1. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous mettre à la moto ?

En grande majorité, et sans surprise, l’héritage familial se détache, avec le papa largement en tête de gondole. Les cousins, tontons, frangins, et quelques amis, sont également plébiscités.

Juste derrière, se trouvent les sensations et la liberté, à peu près à égalité avec une passion-fascination innée.

Pour finir, il y a pêle-mêle l’aspect utile, le challenge féministe, l’hommage à un disparu, la fraternité motarde, le cinéma, la transition passagère-pilote, etc.

Mention spéciale aux deux réponses qui m’ont fait marrer : « Mon conjoint roulait mal », et « Les motards de la gendarmerie à la télé » ! Probablement une fan de la série Chips. Quant à l’autre, je m’abstiendrai de tout commentaire, le terrain est trop glissant…

2. A quel âge ?

50 % des sondées déclarent avoir débuté la moto entre 18 et 27 ans. Un quart est tombé dedans à l’adolescence, voire même dans la petite enfance comme Obélix et la potion magique, tandis que les 25 % restant se sont décidés plus tard, entre 35 et 48 ans.

3. A quel âge avez-vous passé le permis ?

En toute logique, les réponses se recoupent avec la question précédente. Environ 75 % ont obtenu leur laissez-passer entre 18 et 30 ans. Le dernier quart concerne les vieill…, pardon, les femmes plus mûres.

 

Bon, c’était bien sympathique cette petite mise en bouche, mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick… Inutile d’interroger les mecs pour se douter que les résultats seraient, à un quart de poil de fourmi près, similaires. Et si on commençait à chatouiller la corde sensible ?…

Afin de ne pas me retrouver noyé sous une encyclopédie, j’ai… Non, je ne dis pas que les femmes parlent trop, c’est pas ça, mais… Bref, j’ai préféré proposer un choix de réponses plutôt que de les laisser jacass…, aïe, s’exprimer sans modération. Donc, en chiffres, ça donne ça :

4. Comment cette démarche a t-elle été accueillie par vos proches ?

32,3 % : Très bien – C’est cool !

23,4 % : Enthousiaste – Une fille sur une moto, ça déchire !

18,1 % : Bien – Et pourquoi pas ?

10,4 % : Sans avis – La moto ? Bof…

8,4 % : Très mal – C’est ridicule !

7,4 % : Mal – Ce n’est pas pour les femmes !

5. Vous êtes vous sentie considérée à l’égal des hommes durant vos leçons de conduite ?

72,3 % : Oui

18,8 % : Pas totalement

7,1 % : Non

1,8 % : Horrible…

6. Vous êtes vous sentie considérée à l’égal des hommes durant votre obtention du permis par l’examinateur ?

84,7 % : Oui

9,4 % : Pas totalement

4,6 % : Non

1,3 % : Horrible…

Pour la question 4, en remplaçant « C’est pas pour les femmes » par « C’est trop dangereux », je pense que la nuance avec les hommes est minime. C’est après que ça coince un peu… En survolant rapido les résultats, tout semble plutôt rouler pas mal puisque trois quart des sondées, à la louche, ont un bon souvenir de leur permis. Hélas, ça signifie aussi qu’un quart, soit 125 motardes, a souffert de misogynie assumée… Ça fait quand même du monde, non ? Mais ce qui me chagrine le plus, c’est que j’avais proposé l’option « Horrible… » plus pour déconner en me disant qu’à part une ou deux Sainte-nitouche névrosée (si, y a des pénibles jamais contentes, faut avouer), personne ne la cocherait. Le fait est que, en additionnant les réponses 5 et 6, ça donne 3,1 % de très mauvaises expériences, soit 12,4 femmes. Ouais, le 0,4 ne compte pas, je sais. Même si Mimie Mathy était de la partie? OK, je sors… Bref, on peut trouver ces chiffres insignifiants, certes, mais je doute que 27 % des hommes aient eu à subir un sectarisme condescendant lors du permis…

Après ces questions délicates, nous allons faire redescendre un peu la pression en quittant les choses qui fâchent, et parler plaisir. Ces Amazones du deux roues, sur quelles montures ont-elles jetées leur dévolu ?

7. Quelle est votre moto actuelle ?

54 % : Roadster Mid-size

15 % : Sportive Mid-size

9 % : Trail / SM Mid-size

5 % : Roadster Gros Cube

5 % : Sportive Gros Cube

5 % : 125 cm3 et moins

2 % : Trail Gros Cube

2 % : Custom / Neo-retro Mid-size

2 % : Aucune moto actuellement

1 % : Custom / Neo-retro Gros Cube

Mention spéciale aux six motardes qui ont une bécane de route, et une de piste. Eh ben là, mam’zelle, ça rigole pas !

8. Quelle est la moto de vos rêves ?

36% : Sportive

30 % : Roadster

16 % : Custom / Neo-retro

5 % : Aucune

4 % : Le plus possible, voire toutes !

3 % : Trail / SM

3 % : Je l’ai déjà

3 % : Des trucs de ouf genre Hayabusa, Kawa H2, etc !

Que voilà un résultat qui fait plaisir ! Comment ça je ne suis pas impartial ? Les femmes ont bon goût en matière de moto, voilà tout. Elles sont raisonnables, les roadsters ont le vent en poupe et les cylindrées Mid-size toutes catégories confondues arrivent large en tête avec 78 % des motos possédées, mais elles savent où est la vérité d’après les résultats de la bécane dont elles rêvent. Non, vraiment, je ne vois pas le souci… Bon, certaines sont loin d’être saines d’esprit visiblement, sinon elles ne fantasmeraient pas sur des engins de mort comme la H2! Quant à celles qui veulent toute la production mondiale dans leur garage, je connais pas mal de motards qui paieraient cher pour avoir leur numéro de téléphone. J’ai une pensée pour les quelques unes qui ont répondu qu’elles n’avaient plus de moto, mais des enfants… M’enfin, personne ne vous avait prévenu ?! Fallait réfléchir avant aussi… Fuck, moi qui voulait éviter les trucs qui fâchent, je crois que c’est râpé…

La partie 2 sera publiée demain soir.

Avertissement :

Contrairement à l’immense majorité des articles de notre site, cette nouvelle rubrique ne reporte pas seulement des informations, elle laisse une certaine liberté, voire une liberté certaine, aux pensées de son auteur habitué du monde littéraire qui publiera sous le pseudo de Vernon Stoner.

Ici, on relate, bien sûr, mais on extrapole aussi, on suppute, on échafaude, bref, on discute et on échange !

Vous avez le droit de répondre en commentaire, de corriger, de clamer votre indignation, ou, au pire, si cela vous engendre vraiment des aigreurs d’estomac, de changer de rubrique…

Vous êtes toujours là ? Petits curieux, va… Allez, gaaazzzz !

La densité de cet article étant plus proche de la côte de bœuf que du petit pavé sauce au poivre, il sera publié en 3 parties. Partie 2 à suivre demain 21H.

Il était prévu de conjuguer les motardes de tous les jours avec celles qui font de la compétition, mais j’avais sous-estimé l’engouement que cette enquête provoquerait. La masse de données à traiter étant déjà considérable, j’écrirai sur les femmes pilotes dans une prochaine chronique.

PARTIE 1

Les femmes qui parlaient à l’oreille des motos…

La moto est-elle une discipline machiste ?

Grande question à une époque où le politiquement correct, le « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil » démagogique au possible, semble être devenu le dogme à adopter d’urgence sous peine de se voir catégoriser illico de raciste à tendance misogyne, voire de néo-nazi œuvrant dans l’ombre à ressusciter le III° Reich… Le motard de base est-il lui aussi passé dans l’ère moderne et arbore t-il un large sourire admiratif lorsqu’une nana lui fait les freins, ou est-il plutôt du genre à siffler les fesses de la dame en songeant que ce panorama est vraiment le seul intérêt à voir une femme mettre la poignée droite en coin ?

Au premier abord, de nombreux éléments permettent d’attester qu’hélas, nous serions plutôt dans la seconde option. Lequel d’entre vous, messieurs, est capable de nommer ne serait-ce qu’une femme dans l’histoire de la bécane ? Allez, s’il y a un passionné de MotoGP qui se rappelle du patronyme de Maria Herrera ou Ana Carrasco, ce sera déjà beau, avouez-le… Et que dire du terme « sac de sable » issu du jargon motard ? A tel point qu’il existe des groupes Facebook se définissant ainsi et regroupant des filles en mal de selle passagère pour faire un tour de manège… Si l’on peut y voir un truc cool, une façon de drag…, pardon, de communiquer, perso, j’y distingue plutôt une sorte de suprématie péjorative qui, heureusement, tend à devenir obsolète. Car les meufs se mettent au guidon, n’en déplaise aux sexistes du Mésozoïque ! Les filles envoient du bois, de plus en plus, et tant mieux ! Pour qu’un sport se développe, il faut qu’il se démocratise !

Mais qu’en est-il de l’accueil réservé à la gent féminine dans ce milieu suintant la testostérone tels des carburateurs encrassés dégueulant … Plus d’infos

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